Manager de crise

Le manager de transition est communément assimilé à un manager de crise : une entreprise en situation délicate va faire appel à une personne extérieure pour couper les têtes et «retourner » la structure afin de revenir à une situation de rentabilité. Mais un vrai manager ne se promène ni avec un sabre, ni avec une baguette magique dans son cartable…

Dans "La Face Cachée du Management de Transition", Adrien Jocteur Monrozier écrit :

Les médias ont un rôle majeur sur la perception du management de transition en France. Ils lui ont donné une image très particulière. On peut y voir une dimension pédagogique (…), mais ils ont contribué aussi à diffuser une image beaucoup plus ambigüe… (Le manager de crise) est souvent décrit et imaginé comme un "super héro" des temps modernes, un dur à cuire qui va mettre tout le monde au pli.
Le dirigeant d’une PME d’ingénierie m’avait sollicité pour assurer son relais managérial sur le terrain.  Je lui avais présenté un manager dont le profil semblait répondre à son contexte et à ses attentes. Son retour sur le manager en question traduit bien l’idée qu’il s’en faisait : "Vu les émoluments en jeu, je m’attendais à voir un McGyver, un Bernard Tapie bis, un cador avec les dents plantées dans la table… En fait, c’est un mec tout-à-fait normal".
Soyons honnêtes : fut une époque où les cabinets aimaient bien communiquer sur des managers aux compétences inégalables, avec des expériences extraordinaires (retournement d’une entreprise, CA x 5, …).

En cela, le terme de «manager de crise» ne semble pas adapté, c’est une chimère à laquelle se raccrochent quelques irréductibles aux méthodes hors d’âge. Restons pragmatiques :
– Les situations de crise sont le plus souvent gérées en interne par le staff managérial de l’entreprise qui peut alors déléguer à des intervenants extérieurs une partie de son plan d’action,

– Les dirigeants de PME/ETI font prioritairement appel à un cabinet d’avocats en droit social si l’on parle de PSE. C’est d’ailleurs dans l’intérêt général de l’entreprise et de ses salariés,

– Le contrat d’intervention est souvent inadapté à la gestion de certaines crises sociales, si le cabinet ou l’indépendant n’a pas l’expérience de ce type de situation.

Le management de transition peut être recommandé, sous réserve d’une parfaite compréhension des enjeux au départ. Le cabinet qui mandate le manager de crise a un devoir d’information préalable au client qui sera crucial dans le déroulement de la crise.
Depuis sa création, Inside Management ne travaille que sur des dossiers de forte croissance. Contrairement à une idée reçue, ces dossiers ne sont pas plus simples à gérer : dans une crise de croissance, tout va très vite. Il faut à la fois anticiper et gérer le quotidien, ce qui n’est pas à la portée de tous les managers.

Voir aussi: conduite du changement.