Le télétravail fait le buzz pendant les grèves

Le télétravail a été promu dans les années 70 par les pouvoirs publics qui y voyaient « un mode d’aménagement du territoire ». Dans la même période, Jack Nilles, considéré comme le père du télétravail, lance ses premiers travaux qui aboutiront en 1975 à son « telecommuting ».

 

En entreprise, ça donne quoi ?

Le télétravail n’est pas un aménagement du temps de travail, c’est un mode d’organisation du travail.

Du côté employeur, la mise en place du télétravail représente un engagement RSE important, censé augmenter le bien-être des salariés. Les entreprises peuvent ainsi prouver qu’elles sont capables d’adaptabilité : le télétravail est le signe d’une certaine culture d’entreprise, et plus largement d’une politique sociétale forte.

 

Toutefois, cet engagement RSE comporte des risques, bien qu’il soit plébiscité par les milléniaux, fortement attachés à cette solution de liberté. Il faut en effet veiller à garder le lien entre l’entreprise et le salarié, sous peine de distendre, voire de rompre le lien social. L’individualisme et le décrochage culturel sont de véritables menaces. Le bon équilibre est probablement un subtil mélange entre le télétravail et le travail sur site.

 

Des bénéfices collatéraux.

 

Contrairement à ce que l’on pensait, la grève des transports n’a pas eu d’impact significatif sur les taux de pollution, notamment à Paris qui a été la plus impactée. Et ce malgré des chiffres record en matière d’embouteillages en IDF. Les provinciaux exerçant une partie de leur activité à Paris ont largement utilisé le télétravail, dans les métiers à dominante intellectuelle. Les parisiens exerçant en dehors de la grande couronne parisienne ont fait de même.

 

Ceux qui n’avaient jamais expérimenté le télétravail ont découvert ses atouts, comme par exemple des gains significatifs de productivité, l’amélioration de la qualité de vie ou la diminution du stress professionnel. Mais ils ont aussi entrevu les limites du système en termes de lien social ou d’impréparation des organisations au télétravail. De plus, tout le monde n’a pas la possibilité d’affecter une pièce de son logement à une activité professionnelle, ni la capacité à marquer la frontière entre la vie privée et la vie professionnelle.

 

Le télétravail, organisation miracle ?

 

Le télétravail, déjà prisé par beaucoup d’entrepreneurs et de salariés en zone rurale, a fait une entrée remarquée dans les médias parisiens. Beaucoup d’entreprises n’avaient jamais expérimenté ce mode d’organisation auparavant. La proportion d’activités qui s’y prêtent semble pourtant élevée, dans une ville comme Paris confrontée à des problèmes de transport au quotidien.

 

Mais avant de généraliser ce système à toutes les activités adaptées, il faudra préparer les organisations à ce bouleversement en profondeur. Chaque entreprise devra déterminer son propre point d’équilibre, et mettre en œuvre des modalités conçues pour déployer sereinement le télétravail.