Interim Management en Allemagne

 

Comme en France, plusieurs organisations allemandes revendiquent le rôle de “fédérateur” du secteur. À l’occasion de la sortie du dernier rapport annuel de l’un d’entre eux (Arbeitskreis Interim Management Provider), nous faisons le point sur l’Interim Management en Allemagne, premier marché européen.

Le marché en Allemagne :

Le marché allemand est estimé à 2,3 Md€ par l’AIMP pour 2019, qui intègre des secteurs collatéraux dans son analyse. L’estimation était de 2,6 Md€ en 2018, soit une baisse de 12%.

Le volume devrait au mieux rester stable en 2020, malgré des communiqués contradictoires de quelques acteurs européens. Remarquons au passage que le marché belge, qui publie des chiffres mensuels, suit en général la même courbe que l’Interim Management en Allemagne.

Les managers outre-rhin  :

Le nombre de managers de transition est une donnée difficile à cerner. Pour l’AIMP ils étaient 13300 en 2019, avec une pointe à 15900 en 2016. Les honoraires journaliers sont en baisse, sauf pour la tranche basse des revenus (ETP 60/75 k€). Ils restent assez élevés en Allemagne (>1000 €) par rapport à la France ou à l’Angleterre (< 900 €). Ceci expliquant peut-être cela, la tarification est la première cause de non-signature d’un contrat d’Interim Management (30%). En 2019 le pourcentage de transformation de missions en CDI est resté stable, avec 5%.

L’origine des missions pour les intervenants en 2019 était de plus en plus souvent indépendante des cabinets spécialisés. C’est peut-être le signe de la maturité de l’Interim Management en Allemagne, contrairement à la France dont ce dernier semble dominé par les cabinets spécialisés.

Les missions :

La durée des missions est assez courte, 7 mois, et globalement en stagnation depuis 2012. La qualification grandissante des intervenants (théoriquement plus chers) impacte peu le volume facturé. 50% des missions sont réalisées dans des entreprises de plus de 1000 personnes. En France, la durée moyenne est estimée entre 8 et 12 mois, sans plus de précision dans notre marché ne possédant pas d’instance officielle.

La nature des missions est principalement répartie entre le change management (24%), les projets (23%), le management relai (21%), et le restructuring (18%). On constate une part très faible de l’international dans les volumes d’affaires de l’Interim Management en Allemagne, comme sur l’ensemble des places européennes (inférieure à 10% en moyenne).

Notre conclusion :

Faut-il voir dans le marché allemand le futur du marché français ? Gardons-nous des raccourcis simplistes. Le marché allemand est à maturité, même s’il continue à se modeler différemment chaque année. Son évolution n’est pas applicable à un marché de niche comme en France. La réglementation et le droit du travail sont très différents, comme la culture économique et industrielle.

En savoir plus :

L’étude 2020 AIMP

L’interim Management

Le Guide Pratique 

— Guide pratique

Le Guide 2017 du Management de Transition.

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