Les cabinets référents en Management de Transition

 

Peut-on évaluer correctement et objectivement des cabinets référents en Management de Transition ? Les rares classements disponibles sont pour la plupart sponsorisés. Les appréciations qui circulent dans certains groupes de managers s’en rapprochent, mais sur des périmètres limités aux expériences personnelles des membres. Nous vous proposons aujourd’hui une approche qui fait intervenir la notion de ‘cabinet référent’.

Une évaluation difficile

D’abord, il est vain de comparer les spécificités des cabinets en Management de Transition, les offres étant très proches dans les déclaratifs. La seule différence visible tient au montant du budget alloué à la communication, qui n’est qu’un prisme non révélateur de notre sujet.

Ensuite, l’immaturité de ce marché de niche, avec une forte propension à la dissimulation des chiffres officiels : 75% des cabinets ne diffusent pas leurs comptes annuels. Il serait donc à priori difficile d’évaluer un marché en volume et en progression quand la vision ne porte que sur 25% des acteurs. Nous verrons plus loin que ce n’est pas le cas.

Enfin, l’absence d’instance représentative reconnue. Il n’existe aucune information officielle et sérieuse pouvant servir de référence. Nos voisins européens ont su se fédérer dès le début des années 2000. Force est de constater qu’ils disposent aujourd’hui d’informations fiables sur les évolutions de leurs marchés respectifs.

Cabinets référents en Management de Transition, c’est quoi ?

Il existe bien entendu de nombreux paramètres pour caractériser un cabinet : la notoriété, la qualité des prestations, l’image diffusée et perçue, le CA, les tarifs, etc.

La notoriété a grandement progressé ces dernières années, notamment auprès des candidats managers et de certains clients. Mais sans instance représentative, la communication est réduite à celle des acteurs du marché.

La qualité des prestations en Management de Transition n’est pas mesurée, contrairement à d’autres secteurs du conseil. Il n’existe aucun label sérieux, ne serait-ce que pour définir un socle commun des paramètres fondamentaux. Mais nous constatons une certaine homogénéité des processus d’intervention parmi les cabinets référents.

L’image est encore une fois très dépendante de la communication individuelle des cabinets. Il est très rassurant de constater que les intervenant.e.s ont une vision objective des prestataires, pour avoir collaboré avec eux, ou par connaissance. La communication excessive du type « hard discounter » est de plus en plus rédhibitoire, et c’est une tendance lourde depuis 2020.

Le volume d’affaires est le plus simple à évaluer, à condition de se contenter d’une vision sur 25% du marché comme expliqué ci-dessus. Cela reste un critère révélateur au-delà du montant, parce que les cabinets les plus transparents sont aussi la plupart du temps des acteurs référents du marché.

Dernier point abordé ici : les tarifs, qui font souvent l’objet de communications calomnieuses et confusantes, au même titre que les volumes d’affaires. Pour un même profil d’intervenant.e, rémunéré.e de façon identique, les écarts peuvent atteindre 30 à 40%. Les processus de sélection et d’intervention n’expliquent pas ces écarts à eux seuls.

En synthèse

Depuis 10 ans, nous enrichissons notre veille concurrentielle, qui compte aujourd’hui plus de 120 cabinets. Nous avons bien entendu un avis sur nos concurrents, en tout cas ceux que nous voyons régulièrement de façon informelle ou que nous croisons chez les clients.

Nos concurrents ont aussi un avis sur Inside Management, ce genre d’information circule vite et bien dans notre petit monde. Cela participe à la notoriété et à l’image de tous les acteurs, sans le miroir déformant de la communication.

Bien entendu, nous ne pouvons pas publier (ni relayer) des informations qui pourraient être assimilées à de la concurrence déloyale. Nous ne le faisons jamais en clientèle non plus, partant du principe que le mauvais cabinet est le mieux placé pour se saborder lui-même.

Nous vous proposons ci-dessous une liste des cabinets français, qui fait référence à 3 sources :

  • La liste issue de notre veille concurrentielle, détaillée dans la page « liste des acteurs français » de notre guide pratique. Important : Cette liste comporte uniquement les cabinets qui publient leurs comptes.
  • Les cabinets référents retenus par XERFI Precepta pour évaluer les prestataires RH,
  • Les cabinets référents cités dans l’étude PLIMSOLL consacrée au Management de Transition

Les cabinets pure players généralistes

Cette rubrique est celle qui retient la plus grande proportion de cabinets sur le nombre existant (8/10). 73% des cabinets sont utilisés comme référents par XERFI et/ou PLIMSOL.

NOMINSIDE MANAGEMENTXERFIPLIMSOLL
ALTERNATIVE ManagersX
BOYDENX
CAHRAX
DELVILLEXXX
EIM FRANCEXX
INSIDE MANAGEMENTXXX
MENWAY - MPI et NIMXXX
PROCADRES InternationalX
VALTUSXXX
X-PMXXX

Les cabinets spécialisés

Il y a très peu de cabinets spécialisés en France, sans évolution notable sur les 10 dernières années. Un seul cabinet est utilisé comme référent, par Plimsol.

NOMINSIDE MANAGEMENTXERFIPLIMSOLL
GRANT THORNTONXX
Référence DSIX
K2 ManagersX

Les grands cabinets RH internationaux

Trois des cabinets présents en France sont utilisés comme référents par XERFI ou/et Plimsol. A notre connaissance, les CA détaillés pour l’activité Management de Transition ne sont pas publiés, mais les filiales françaises publient bien leurs chiffres annuels globaux.

NOMINSIDE MANAGEMENTXERFIPLIMSOLL
Badenoch & Clark (Adecco)XXX
Robert WALTERSXX
Morgan PHILIPSXX

Les cabinets de conseil RH

Sur l’ensemble des cabinets déclarant une activité complémentaire en Management de Transition, seulement 5 sont utilisés par XERFI ou/et Plimsol.

NOMINSIDE MANAGEMENTXERFIPLIMSOLL
ACTIS ConsultantsX
AMAREXIAX
Arthur HUNTXXX
EUROSEARCHXX
ITTAKAXX
LINCOLNXXX
MAZARSX
PALMER InternationalX
RGP FranceX
Robert HALFXX

Cabinets référents en Management de Transition : Les points communs

Avec 17 cabinets sur 120 retenus comme référents par XERFI ou/et Plimsol, la visibilité couvre 75% du marché français en termes de chiffre d’affaires. Nous estimons que c’est un taux très satisfaisant pour faire des estimations nationales.

En revanche, nous émettons quelques doutes sur les cabinets de conseil RH et les grands cabinets internationaux : comment les instituts d’analyse ont-ils pu évaluer la part du Management de Transition dans leur activité ?

En conclusion

Cet article n’a pas la prétention de remplacer un véritable classement, réalisé par un organisme indépendant. Ce n’est pas non plus un avis qualitatif, en tant qu’acteur nous serions mal placés pour en émettre un. Il s’agit simplement d’un point de vue complémentaire aux analyses classiques, le secteur du Management de Transition manquant cruellement de référentiels objectifs.

Le choix des cabinets référents par les instituts d’analyses sectorielles ne se limite pas à la visibilité de leurs comptes. Le panel retenu doit incarner le marché sur de nombreux critères. Mais il faut bien admettre que les cabinets les plus transparents sont les plus représentatifs du marché.