L’évolution positive du marché français du Management de Transition

Les chiffres confirment l’évolution positive du marché français du Management de Transition

Le marché français du Management de Transition (MdT) est le plus difficile à appréhender parmi les pays européens concernés. Voici quelques éléments, basés sur des chiffres officiels et vérifiables, qui permettent de mesurer son évolution depuis 2016.

Les chiffres du Management de Transition(1) Cette liste recense toutes les entités qui déclarent opérer dans le Management de Transition, structures commerciales et associatives, ainsi que quelques sociétés unipersonnelles présentées comme des cabinets. La liste exhaustive est disponible sur le site www.inside-management.com, rubrique ressources / médiathèque / guides et mises à jour.

(2) Les pure players commercialisent majoritairement des prestations de Management de Transition (>80%). Cette rubrique regroupe les généralistes (toutes fonctions, tous secteurs), et les spécialistes (SI, finances, associatif, médicosocial, etc.).

(3) Les chiffres d’affaires des grands cabinets RH internationaux ne sont pas retenus dans les calculs de CA. En effet, leur taille 10 à 20 fois supérieure aux plus gros pure players et leur activité, très partielle dans le MdT (% non publié), perturberait l’interprétation des résultats.

 

Le nombre total d’intervenants n’a pas évolué de façon significative depuis 2016 (comme sur le 1er semestre 2018). Il y a eu 3 fermetures et 3 créations en 2017, parmi les pure players. La répartition entre les différents types d’intervenants est stable, comme par exemple la part des plateformes qui reste symbolique.

Deux inconnues de taille persistent dans l’évaluation globale du marché : tout d’abord la part des indépendants. Les chiffres du portage salarial, support majoritairement choisi par les managers indépendants, ne permettent pas encore de l’appréhender avec fiabilité.

Ensuite le volume réalisé par les grands cabinets RH en MdT, qui ne publient que leurs comptes globaux. L’un de ces cabinets pourrait très bien être leader du marché français en MdT, mais aucune communication officielle ne vient le confirmer.

Les chiffres du Management de Transition depuis 2016(4) Source : sites internet infogreffe.fr et societe.com

(5) Le chiffre de progression de 28% pour 2017 sera réévalué début 2019, de nombreux acteurs majeurs n’ayant pas encore publié leurs comptes.

 

A la date de publication de cet article, beaucoup de CA 2017 n’ont pas encore été publiés, d’où la faiblesse du nombre de cabinets intégrés dans l’étude. Malgré tout, le CA cumulé des cabinets publiant régulièrement leurs comptes est significatif : 116 M€ en 2016, pour un marché – part cabinets – estimé à 120 M€ en 2015.

Pour 2016 le nombre de CA publiés est en baisse (30% contre 43% en 2015), mais les cabinets les plus réactifs et les plus transparents sont toujours les mêmes.

Sur 2017 la représentativité des cabinets incorporables à l’étude est correcte : 85 M€, pour un marché probable aux environs de 160 M€ (toujours part cabinets uniquement). En toute logique mathématique, le CA moyen par cabinet depuis 2016 est en hausse.

Le chiffre de progression de 28% pour 2017 doit être considéré avec prudence, car les CA restant à publier ne sont certainement pas les plus flatteurs.

Ce que révèlent ces chiffres sur le marché français :

  • Ce secteur de niche du conseil, dont il représente moins de 2% en France, est en forme. Tout comme le portage salarial, qui est une activité collatérale de plus en plus liée au Management de Transition en tant que support administratif. Les deux ont d’ailleurs de belles perspectives de croissance sur les 3 prochaines années d’après le Groupe d’études sectorielles XERFI.
  • Le marché reste toujours très opaque, pour différentes raisons : la volonté de ne pas apparaitre à sa taille réelle, la dissimulation de mauvais résultats, ou l’absence de représentation nationale.
  • Depuis quelques années le Management de Transition est tiré par une douzaine de cabinets (80% du marché en volume), dont les 3 leaders Valtus, X-PM et Delville, et des cabinets de taille intermédiaire comme Inside Management, Aptimen, ou Reactive Executive. La plupart des cabinets historiques sont en perte de vitesse et d’influence.
  • Une part importante du marché n’est pas mesurable (les indépendants et les cellules MdT des grands cabinets RH), mais il est en forte progression depuis 2016. Avant cette date, la progression était respectable, mais proportionnelle à celle du conseil en général.
  • La rentabilité des cabinets n’est pas exceptionnelle, comparativement au conseil, ce qui évoque peut-être une augmentation de la pression concurrentielle. Les délais de publication des comptes ne sont pas très glorieux, selon les exigences modernes à ce sujet.

Les résultats chiffrés confirment la bonne santé du Management de Transition, qui reste un marché de niche mais avec des perspectives parmi les plus séduisantes du conseil. On retrouve dans les offres des principaux cabinets beaucoup de similitudes, mais différentes tendances commencent à émerger : les gros cabinets « industriels », les cabinets « artisans » (qui sont très majoritaires aujourd’hui), et les plateformes digitales qui cherchent encore leur voie.