L’interim management en Allemagne

Comme en France, plusieurs organisations allemandes revendiquent le titre de “fédérateur” du secteur. À l’occasion de la sortie du rapport annuel de l’un d’entre eux (Arbeitskreis Interim Management Provider), nous faisons le point sur le premier marché européen dans le management de transition (interim management). Ces informations seront reprises dans nos prochaines publications.

management-allemagneLe marché global en 2015 est estimé à 2,2 Md€ par l’AIMP, qui intègre dans ses estimations les chiffres du recrutement et du conseil. La DDIM l’estimait à 925 M€ en 2012, avec une progression annuelle de 15%. Pour 2015, le CA mentionné sur le Guide du Management de Transition 2015 nous parait le plus réaliste, soit environ 1,4 Md€. La progression du marché devrait ralentir en 2016 et en 2017, malgré les communiqués contradictoires de quelques acteurs européens. Remarquons au passage que le marché belge, qui publie des chiffres mensuels, suit la même courbe de progression et de régression que le marché allemand.

Le nombre de managers de transition est une donnée difficile à cerner (AIMP = 14 200 et DDIM = 5 500 en 2012). Au vu des éléments publiés (durée moyenne des missions, facturation moyenne), il semble que ce chiffre soit supérieur à 10 000 intervenants. Les honoraires journaliers sont en stagnation, voire en légère baisse depuis 2012. Ils restent assez élevés en Allemagne par rapport à la France ou à l’Angleterre (> 1000 € versus < 900 €).

La durée des missions est assez courte, 7 mois, et globalement en baisse depuis 2012. La qualification grandissante des intervenants (théoriquement plus chers) impacte peu le volume facturé. En France, la durée moyenne est estimée entre 8 et 12 mois, sans plus de certitude dans notre marché opaque.

L’origine des missions pour les intervenants est de plus en plus souvent indépendante des cabinets spécialisés. C’est peut-être le signe de la maturité du marché, contrairement à la France dont le marché est largement dominé par les cabinets.

Signalons également une part très faible de l’international dans les volumes d’affaires, comme sur l’ensemble des places européennes dans le management de transition (inférieure à 9% en moyenne).

Faut-il voir dans le marché allemand le futur du marché français ? Gardons-nous des raccourcis simplistes. Le marché allemand est à maturité, même s’il continue à progresser de façon soutenue. Son évolution n’est pas applicable à un marché de niche comme en France. De plus, la réglementation et le droit du travail sont totalement différents, la culture économique basique étant beaucoup plus développée en Allemagne.

En savoir plus :
Le Guide du Management de Transition 2015 par Inside Management.
L’étude DDIM.
L’étude AIMP.