Manager de Transition : comment gagner la confiance des équipes ?

Un manager de transition est missionné pour obtenir des résultats. Pour y parvenir, il lui faut absolument emporter l’adhésion des équipes en interne. Comment un manager de transition qui vient de rejoindre l’entreprise  peut-il gagner la confiance des collaborateurs et obtenir leur implication dans un projet, parfois complexe, de transformation ou d’évolution ? Voici 6 clés pour réussir une intégration en mission de transition.

Bien appréhender la culture de l’entreprise

Même si cela n’est pas forcément perceptible à première vue, la culture de l’entreprise influence grandement les comportements des salariés. Ce socle, qui définit l’identité d’une organisation, repose sur des valeurs partagées par les collaborateurs. Il en ressort certaines règles édictées ou implicites qui régissent les modes de fonctionnement en interne. Ainsi, un manager de transition ne pourra pas être crédible ni influencer les équipes en place s’il renie la culture de l’entreprise dans laquelle il intervient.

De plus, tout grand projet de transformation s’accompagnant d’une remise en cause de certains processus existants, la culture de l’entreprise peut constituer un obstacle au changement. Or, si le manager connaît l’environnement dans lequel il évolue, il sera plus à même d’anticiper d’éventuelles résistances et d’ajuster son plan d’action pour que la transformation se fasse.

Aligner ses paroles et ses actes

Manager le changement, c’est d’abord être en mesure de partager une vision claire des objectifs à atteindre avec les équipes. Le charisme et les qualités relationnelles attendus chez un bon manager de transition jouent ici un rôle capital. En effet, savoir donner du sens au plan d’action auprès de ses collaborateurs aidera le manager à obtenir gain de cause.

Toutefois, il ne s’agit pas d’être seulement un bon orateur. Si le manager use de belles paroles infondées ou de fausses promesses pour parvenir à ses fins, sa mission est vouée à l’échec. Un discours non suivi d’effet s’avèrera contre-productif sur le long-terme.  L’exemplarité est encore plus importante en transition, son effet d’entraînement participe à l’appropriation d’une autre façon de travailler par les équipes.

Oublier les slogans des RSP

Les réseaux sociaux professionnels débordent chaque jour de vocabulaire tendance pour désigner des méthodes de management, des risques ou des communautés : blurring, bore-out, disruption, slashers, keynotes, mind mapping… la novlangue est créative !

En management de transition il vaut mieux éviter de conceptualiser ce qui a trait au bon sens. Le manager ne vend pas des méthodes (d’autres le font très bien), il pilote des actions pour garantir des résultats. L’emploi trop fréquent de hashtags à la mode pourrait le faire passer pour un théoricien du management, c’est-à-dire exactement l’inverse du but recherché.

Créer un lien solide avec les équipes

Obtenir la confiance des collaborateurs est habituellement  un travail de longue haleine qui requiert de la constance et de la sincérité. En transition, la “période de grâce” des 100 jours, entendue lors des nominations ou des élections nationales, devient la “période des 10 jours” : 5 jours pour rencontrer tous les interlocuteurs impactés par l’intervention, 5 jours pour rédiger une première feuille de route.

C’est en se montrant ouvert et à l’écoute que le manager noue le contact avec les équipes, tout en maintenant le cap de sa feuille de route. Toutefois, il doit rester attentif aux résultats des actions lancées car sa légitimité peut vite être contestée si les objectifs annoncés ne sont pas atteints. Et toute la confiance qu’il aura bâtie jusqu’alors disparaîtra en un clin d’œil…

Outre la notion de performance, les collaborateurs suivront plus facilement un manager capable de communiquer sur ses choix de façon rationnelle. En effet, une argumentation factuelle rendant une décision incontestable viendra mettre fin aux doutes de certains collaborateurs et rassurera les équipes. En bref, un bon manager de transition doit trouver le bon équilibre entre proximité et exigence dans ses relations avec l’équipe.

Légitimité et honnêteté avant tout !

Si la démarche du manager de transition n’est pas perçue comme étant sincère, tous ses efforts pour restaurer la confiance seront vains. Ce point peut paraître anodin car il repose davantage sur un ressenti et pourtant… Les fausses promesses, les discours contradictoires, le langage non-verbal qui trahit les véritables intentions du manager de transition… ne sont pas sans conséquences. La solution ? Ne pas chercher à obtenir l’adhésion par la manipulation. A l’inverse, la légitimité du manager de transition repose sur sa capacité à obtenir des résultats tout en faisant preuve d’honnêteté et d’humilité.

Devoir de transparence

Le manager de transition ne doit jamais oublier qu’il travaille pour un client qui a beaucoup d’attentes vis-à-vis de la mission, parfois même au-delà des objectifs exprimés initialement. Il doit, en parfaite coordination avec le cabinet qui l’encadre, faire remonter tous ses ressentis pendant l’intervention. Il faut y mettre les formes bien entendu, et les sujets à aborder sont parfois extrêmement délicats. Par exemple, il nous a fallu un jour pour expliquer à un dirigeant que, contrairement à ce qu’il pensait, sa succession familiale n’était pas assurée. Nous aurions pu nous en tenir à la structuration prévue au départ, mais l’une des questions posées implicitement, en redoutant la réponse, était bien “la personne prévue est-elle compétente pour prendre ma suite ?”.

Si l’on hésite à aborder des sujets délicats avec un client, c’est peut-être que l’on redoute les moments de gestion de conflits. Si c’est le cas, la manager devra s’orienter vers des missions sans transformations profondes (les missions dites “caméléon”), qui sont regroupées sous l’appellation d’interim plutôt que de transition.

La neutralisation des éléments bloquants fait partie du management de transition. La confiance des équipes ne se gagne pas en disant toujours oui !