Conseil en Management vs Management de Transition

Conseil en management : de quoi parle t’on ?

Le terme “Conseil en Management” est revendiqué par de multiples acteurs, dépassant largement le cadre des métiers directement liés aux RH. Aujourd’hui beaucoup de formations intègrent le mot management (universités, formations privées, coachs, masters, écoles de commerce, etc.). Depuis quelques années nous recevons même des candidats post-master souhaitant devenir manager de transition… Nous nous en tiendrons pour notre part à la définition Wikipédia du management :

Le management est le pilotage de l’action collective au sein d’une organisation. Il s’appuie notamment sur l’étude des organisations, objet des sciences de gestion.* Le management désigne aussi l’ensemble du personnel responsable d’une entreprise ou d’un service, que l’on nomme en français cadres, dirigeants, direction, ou bien patron / boss / chef dans les petites unités !

Précisons qu’à de rares exceptions près, les jeunes diplômés ne font pas partie du panel de candidats couramment sollicités par le Management de Transition. Leur définition du management, comme celle des écoles dont ils sont issus, est beaucoup plus large que la notre. Elle implique du savoir mais peu d’expérience, ce qui est rarement le cas dans notre métier.

Le point de vue du Syntec sur le conseil en Management

Le Syntec “Conseil en Management” est un syndicat professionnel qui a pour objet la représentation, la promotion et la défense des intérêts de personnes morales exerçant une activité de conseil. Il représente les professions d’études et de conseil en termes très généraux. Son histoire est liée à la montée en puissance des professions de conseil aux entreprises. D’abord liées à la “Chambre Syndicale des Bureaux d’Etudes Techniques de France”, prédécesseur de l’actuelle Fédération fondée en 1979, les représentations de cette activité de conseil en management vont s’accroître. En 1991, il n’existe qu’une représentation pour l’ensemble des métiers. En 1998, le GSSEC élargit la représentativité de la profession au recrutement, aux relations publiques et aux études marketing » (source Wikipédia).

Le Management de Transition ne représente qu’une infime partie des métiers représentés par le Syntec : 4%. Autant dire que notre métier n’est pas le dépositaire de la définition du Management.

Lire aussi : l’évolution du marché français

La nomenclature française

L’activité des cabinets de Management de Transition pure players est le plus souvent désignée comme du “Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion”. L’activité principale exercée (APE), selon la nomenclature des activités françaises (NAF), est classifiée dans la rubrique 7022Z.

Cette précision n’apporte malheureusement pas d’éclaircissement sur l’objet de cet article. Nous ne reviendrons pas sur la définition du Management de Transition, qui a fait l’objet de nombreuses publications.

Pour en savoir plus : Le Management de Transition en 14 points clés

En revanche deux mots utilisés dans les titres sont devenus confusants :

Le Management

Nous l’avons vu, il peut désigner beaucoup de fonctions et de secteurs différents, en dehors du cadre habituellement couvert par les cabinets de Management de Transition. Pour ces derniers, il s’agit généralement de piloter des équipes, ou des projets ponctuels de toute nature. Les profils sont expérimentés (rarement moins de 15 ans d’expérience), c’est leur expérience d’un contexte particulier, d’une fonction ou d’un secteur qui fonde leur légitimité.

Quand on recherche “management” sur un moteur de recherche, il n’y a pratiquement aucun cabinet de transition dans les premières pages. Si l’on cherche “Formation en management”, on obtient 1 milliard de réponses, avec des offres de tout type et de tout niveau.

Le conseil

Pour ceux qui évoluent dans nos métiers du conseil, chaque branche du conseil possède ses propres caractéristiques. Le management de transition n’échappe pas à la règle, en essayant de marquer à chaque occasion sa différence : attention nous ne sommes pas des conseils. Alors oui, le manager de transition est un opérationnel, mais s’il ne sait pas conseiller, son avenir dans le métier restera limité. Nous n’avons jamais participé à ce débat, c’est à nous cabinets spécialisés de montrer notre différence avec le conseil d’une part, et avec le management au sens (trop) large.

Comme toujours, le seul avis qui compte vraiment est celui des clients : pour eux, nous sommes tous des consultants, avec une position de curseur variable entre le dire et le faire. C’est à nous d’agir en toute transparence, en commençant par dire ce que l’on sait faire, et ce que l’on ne peut pas faire.

Une petite anecdote pour illustrer la frontière floue entre le conseil en management et *le management de transition* : Nous avions été consultés par une ETI aéronautique pour mettre en place le Lean Manufacturing dans une unité de production, entre autres projets d’amélioration. L’objectif du client : doubler la production en 2 mois, dans une structure comportant 50% d’intérimaires. Par honnêteté, nous refusons la mission qui est irréalisable. L’un de nos confrères l’accepte, et propose un plan précis pour atteindre l’objectif en 1 mois (après 1 mois d’étude). Malheureusement, il est subitement surchargé et ne peut donc pas déployer son plan sur le terrain. Nous sommes à nouveau consultés, avec le plan miraculeux comme feuille de route. Inutile de préciser que personne n’a jamais accepté cette mission, qui tenait plus d’un tour de magie que d’une intervention sérieuse.

Exemple concret

Inside Management, cabinet expert dans le management de transition, propose une prestation complémentaire à son métier de base. Elle consiste à évaluer in situ une équipe managériale, pour des clients investisseurs ou des directions décentralisées. L’objectif est de comparer l’organisation humaine aux challenges qu’elle aura à relever selon la stratégie définie (mesure des écarts entre les compétences d’une équipe et ses ambitions). La crédibilité du cabinet dans ce type de missions « spot » est assurée par son cœur de métier, très exigeant en termes d’opérationnalité et de pérennisation d’activité.

On pourrait très bien parler ici de conseil en management, puisque notre intervention vise à produire un ensemble de recommandations pour améliorer le fonctionnement et la performance d’une équipe. Cette opération ne débouche pas forcément sur une mission, mais sur des recommandations très concrètes pour mettre en œuvre une stratégie. Lorsque la mise en œuvre des recommandations est requise par notre client, on bascule alors dans le management de transition classique.

En synthèse

Les mots ont leur importance, malheureusement conseil et management sont deux exemples de dilution à outrance. Les interprétations qui en découlent peuvent être radicalement opposées, et c’est clairement contreproductif. Mais il ne sert à rien de lutter contre cette tendance lourde, autant s’adapter.

S’il fallait positionner les 2 fonctions titres de cet article, nous dirions que le management de transition est beaucoup plus ciblé dans son objet, mais qu’il possède un périmètre commun avec le conseil en management. Quel manager de transition n’a jamais conseillé un client sur des sujets collatéraux à sa mission ?