Filière Bio et souveraineté alimentaire

 

La filière Bio, moteur de notre souveraineté alimentaire ? La crise sanitaire nous a fait prendre conscience de la dépendance de notre économie à des régions éloignées du globe. Un simple porte-conteneurs condamnant les transits sur le canal de Suez a démontré l’extrême rapidité avec laquelle les flux qui circulent d’un pays à l’autre pouvaient être perturbés, et les nombreux dysfonctionnements collatéraux que cela pouvait induire à court et moyen terme. (NDLR : 50% de nos interventions en Management de Transition sont directement liées à l’impact de la crise sanitaire lien vers l’article ‘management de crise’).

Les chiffres récents de l’Agence Bio montrent que l’agriculture biologique et l’ensemble des acteurs constituant cette filière ont su faire face à la crise sanitaire. La consommation alimentaire, avec des produits locaux et traçables, s’est transformée en exigence prioritaire.

 

Un formidable potentiel de développement

Avec 13,2 Mds d’€ et une croissance de plus de 10% en 2020, la consommation Bio ne pèse malgré tout que 6,5% de la consommation des ménages. Cela doit nous rendre optimistes, et en même temps vigilants. Les Français affirmaient en sortie du 1er confinement vouloir massivement (à 88%) maintenir leur consommation de produits Bio. Nous pourrions donc imaginer que le doublement de la consommation Bio serait possible, mais pas à n’importe quel prix.

Lien vers l’Agence Bio 

 

La Bio doit être locale et équitable

Des produits Bio qui ne seraient pas issus d’exploitations agricoles de nos régions françaises (pour les productions qui peuvent pousser dans nos campagnes) n’aurait pas de sens. Tout comme dégrader les exigences réglementaires de la filière pour remplir les rayons Bio à bas prix.

 

Un impact beaucoup plus large que la qualité alimentaire

La Bio française, avec toute sa diversité, est une chance pour notre pays. Nous savons que nous pouvons compter sur le savoir-faire de nos agriculteurs, dont les pratiques agronomiques devront continuer à s’adapter et à se renouveler.

La poursuite de la conversion agricole en agriculture biologique est indispensable pour suivre la consommation, mais aussi et surtout pour assurer la transition écologique indispensable à notre futur. Le défi est de taille, mais nous devons impérativement le relever, et c’est maintenant !

 

Une filière équitable, prérequis à son développement durable

Pour installer la Bio dans la durée, il faudra qu’elle soit équitable, au sens où chacun des opérateurs doit y trouver son compte. Je crois en un modèle vertueux où chacun reconnait l’autre dans sa contribution à la filière. Et si c’était l’occasion de remettre en cause certains principes destructeurs, laissant penser qu’un produit agricole a peu de valeur ? Que le consommateur veut toujours acheter moins cher, plutôt que le juste prix ?

Nous avons payé au prix fort les excès d’une économie ultra-mondialisée. Nous payerons encore longtemps l’impact de certains de nos choix, notamment leurs conséquences sur notre environnement.

 

Dans ce contexte, la Bio démontre qu’il existe une alternative aux commerces mondialisés et totalement délocalisés. Nous pourrions rêver ensemble que ce modèle devienne une référence pour l’économie et le bien vivre des générations futures.

 

Auteur : Bernard Martin, Directeur Filières Qualité Sécurité, EKIBIO / Léa Nature, membre du Comité Stratégique Inside Management.

NDLR : La Filière Bio fait partie de nos 6 secteurs prioritaires pour 2022, pour l’activité Management de Transition. Production, transformation, logistique et distribution, elle impactera quasiment toutes les fonctions couvertes par notre cabinet.