Le CES 2021, un échec digital

Dernièrement a eu lieu le CES 2021. Sauf que le CES, c’était surtout une foule internationale, des stands plus scintillants les uns que les autres, et des démos magistrales en plein milieu des halls d’exposition de Las Vegas. 

Des transformations nécessaires  

Difficile de maintenir la ferveur sans les stands, sans les halls et sans les humains. Les marques de la ‘Tech ont dû réinventer la manière de vendre, et plus globalement transformer leur façon d’être. Bien qu’on parle de web, de technologie et d’électronique, pour vendre, rien de mieux que de pouvoir essayer en direct live.  

 

À l’heure actuelle, il n’y a que Tesla qui réussit l’exploit de vendre des produits à plusieurs dizaines de k€, le plus souvent sans les faire essayer… 

 

Le passage au 100 % digital a été une grosse marche pour tout le monde. Malgré son objet majoritairement digital (on parle du Consumer Electronics Show), le CES a vécu un de ses plus grands bouleversements avec cette édition 2021. 

 

Depuis plus de 50 ans, le CES est une cible stratégique dans les roadmaps des plus grandes sociétés du monde, une occasion unique de présenter les technologies et innovations de demain. Les startups en faisaient un must de leur communication, l’évènement pouvant les faire passer de l’ombre à la lumière en l’espace de 4 jours ! 

 

Dans le domaine audiovisuel, on imagine bien qu’il est compliqué de comparer et de donner un avis sur une télévision 8k Oled, sur son bureau face à un simple écran HD... Jean Foster, porte-parole du CTA, l’association organisatrice du CES : Le CES est l’un des événements les plus expérientiels au monde, où les participants peuvent réellement voir, toucher et expérimenter les dernières innovations”. 

L’année dernière, ce n’était pas moins de 4.500 exposants et 180. 000 visiteurs physiques qui se sont bousculés dans le sud du Nevada. La tentative du CES de maintenir cet engouement n’a malheureusement pas été fructueuse, avec moins de 2.000 exposants et 69.000 professionnels sur les 4 jours de salon. 

 

Même dans la tech, la transition n’est pas aisée ! 

Un point à noter pour cette 54e édition, et qui fournit l’une des pistes d’explication des mauvais résultats : l’absence des géants américains : Google, Amazon Facebook et Microsoft. 

 

Une seconde piste, le choix de la plateforme. Après une large communication autour de l’expérience exceptionnelle que serait le salon, une chose est sûre : elle a été très mal choisie ! Et pourtant, ce n’est pas le nombre d’acteurs innovants du digital présents qui manque. 

 

On parle souvent de confort d’utilisation sur Internet. D’année en année, les performances se sont décuplées et avec elles, le niveau d’exigence de l’utilisateur. Ici, nous avons plutôt eu droit à un voyage dans le temps, embarquement immédiat dans la De Lorean pour un retour vers le début des années 2000. 

 

Présentations désuètes, performances catastrophiques, accès aux exposants digne des Pages Blanches de l’époque 56k : difficile de ne pas attribuer cette échec à une organisation qui, depuis 50 ans, nous avait  habitués à un événement digne d’un méga show à l’américaine ! 

 

Côté exposant, malheureusement rien de mieux. Quelques entreprises (les plus gros budgetsavaient déposé un lien pour déplacer les viewers vers une page dédiée, permettant à la société de créer sa propre expérience digitale. Pour le reste, la plateforme n’était rien de plus qu’un Google Drive où déposer des PDF et des vidéos de présentation.  

 

Prix spécial pour L’Oréal, avec une magnifique page vide ! La marque n’était pourtant pas en manque de produits à présenter, ni de moyens pour les mettre en scène. 

 

Au final, une addition salée pour les entreprises, malgré la distribution des habituels “awards” récompensant les marques novatrices.  

 

Le CES 2021, grand révélateur de la fracture digitale 

Bien que le CES soit un événement incontournable pour les acteurs de la ‘Tech internationale, les modifications demandées à ces entreprises correspondent finalement aux modifications imposées à toutes les entreprises depuis 2020. Cet événement a permis de confirmer une nouvelle fois qu’une présence digitale seule n’est pas suffisante, si aucune stratégie de fond n’est mise en place.  

 

Le problème du choix de la plateforme du CES est similaire au lancement d’une campagne Google ADS, sans penser à l’objectif final ni comment on va exploiter ce nouveau trafic dans l’entreprise 

 

Afin de mieux comprendre la situation, voici quelques chiffres : 

 

  • 92 % des TPE et PME considèrent que leur présence en ligne est devenue indispensable à leur activité, 
  • 60 % des utilisateurs s’arrêtent aux 3 premiers résultats d’une recherche, 
  • 75 % des utilisateurs ne vont pas au-delà de la première page des résultats de recherche, 
  • 32 % des clics sont captés par le 1er résultat de la recherche. 

 

Assurer une présence qualitative sur Internet pour son entreprise est un combat du quotidien. Le CES édition 2021 a démontré de façon magistrale que mêmes les grandes entreprises ne mesurent pas encore correctement l’impact de leur présence digitale.  

 

 

En conclusion

L’expérience cuisante du CES 2021 montre l’importance, pour n’importe quelle entreprise, de s’approprier la transition digitale. Elle passe aujourd’hui dans une nouvelle itération, une nouvelle (r)évolution. C’est une étape similaire qui n’avait pas été acceptée par des entreprises comme Kodak ou Polaroïd, avec les conséquences que l’on connait. 

 

Sources :

Alliancy – 2021 année de transition 

challenges – Flop pour la techno mondiale 

inpact-hardware – Une édition qui se réinvente pour exister 

lesechos – CES 2021 : un bilan en demi teinte  

oezratty – Un curieux CES 2021 

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