Comment choisir un prestataire en Management de Transition ?

Près de 120 structures (chiffre octobre 2019) proposent des services en Management de Transition en France. 1/3 d’entre-elles sont spécialisés dans ce métier. La forte progression du nombre d’intervenants (ils étaient 35 en 2008) est un signe de bonne santé, mais elle induit un peu de confusion lorsqu’il faut choisir un prestataire. Voici quelques critères pour éclairer votre choix.

 

Le marché français au niveau européen

Au niveau européen, le marché français est un petit poucet. Il est peu structuré, et ne dispose d’aucune instance représentative reconnue. Le Management de Transition réalise environ 200 M€ de CA (part des cabinets en France), avec une moyenne par prestataire inférieure à 3 M€. Le Management de Transition pèse 2% du conseil en France, et progresse comme lui de 5 à 15% selon les années (22% en 2018).

Les micro structures sont des consultants en société unipersonnelle ou en portage. Les plus grosses sont des filiales de grands groupes RH internationaux avec une vingtaine de consultants. Les raisons qui vous feront choisir l’une ou l’autre seront les mêmes que pour les autres prestataires d’audit ou de conseil RH. Certains préfèrent les procédures et la puissance de feu des grosses structures. Alors que d’autres privilégient la proximité et la réactivité des petites.

 

Premier critère : la caractérisation des cabinets

Pour une mission comportant des points de vigilance, il est préférable de s’adresser à un cabinet spécialisé dans le Management de Transition. Ce métier est très différent des autres branches du conseil RH : en termes d’objectifs, d’exigences, de rythme et de contraintes.

La plupart des cabinets sont généralistes (toutes fonctions, tous secteurs). Il existe quelques cabinets spécialisés en finances, SI, médico-social, ou associatif. Mais la nature des missions et les modes de fonctionnement dans ces deux derniers secteurs ont tendance à s’aligner sur celles des structures en société. Dans ce cas la spécialisation peut même devenir contreproductive (risque d’iso-modèle obsolète).

 

La localisation géographique des prestataires ne doit pas prévaloir

Les managers intervenants sont mobiles et basés autour des principaux pôles économiques français. Le critère de proximité est important pour le manager (vie de famille). Egalement pour le client (frais de déplacement et d’hébergement limités). Mais il ne doit pas prévaloir sur l’adéquation manager / mission.

La dimension internationale n’est pas un critère de choix pour la plupart des missions. Tous les cabinets disposent de managers internationaux dans toutes les fonctions. La dimension internationale devient prioritaire pour des interventions rares et particulières (intervention multi-pays ou pour le compte d’un client étranger).

 

L’honnêteté et la transparence des informations, denrée rare

Agences furtives, résultats financiers non publiés, associés fictifs, pouvoirs miraculeux : certaines pratiques prêtent à sourire, comme c’est le cas dans tous les métiers.

Du côté des réseaux sociaux, le Management de Transition est visible sur Linked’In et sur Twitter (Hashtag #managementdetransition). Que vous soyez client potentiel ou manager, vous y trouverez malheureusement beaucoup de communication mais peu d’informations utiles. Si vous avez la possibilité de faire cette démarche, préférez plutôt le contrôle de références du cabinet. Pensez également à questionner votre réseau professionnel. En effet il est fort probable que l’une de vos connaissances ait eu des relations avec le Management de Transition au cours de sa vie professionnelle.

 

La qualité de votre premier contact, un prérequis

Vous sentirez vite si la réalité de l’accueil est à la hauteur de la communication du cabinet. Les objectifs du premier échange, qui peut se poursuivre in situ, sont multiples : répondre à vos éventuelles questions sur le Management de Transition. Vous présenter les éléments différenciants du cabinet. Définir le niveau d’expertise requis pour votre besoin. Et surtout : cadrer correctement le contexte d’intervention et ses points de vigilance.

Si votre structure le permet (présence d’un DRH ou d’une fonction RH, plan de transformation en préparation, patron de PME en forte croissance), anticipez ! En sélectionnant au préalable un ou plusieurs cabinets de Management de Transition, vous réduirez le stress et l’incertitude liés à cette sélection lorsque vous serez en pleine action.

En conclusion, le choix d’un prestataire en Management de Transition n’est pas un exercice facile. Les grands groupes qualifient des prestataires par anticipation, selon les sujets potentiels à traiter. Les PME et les ETI font un travail de qualification au cas par cas. Lorsque les critères factuels et objectifs sont cochés, l’intuition reste le meilleur conseiller. La qualité des échanges en phase de cadrage est un signal fort sur la qualité de la future mission.

— Guide pratique

Le Guide 2017 du Management de Transition.

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