Interim Management

L’interim management est la corrélation anglo-saxonne du management de transition (que nous appellerons MdT dans la suite de l’article). Sa définition sur Wikipédia renvoie d’ailleurs à l’article traitant du MdT. Les promoteurs de ce dernier, dans les années 90, avaient choisi : d’une part de ne pas utiliser la référence à l’intérim (par exemple intérim cadres), qui avait à l’époque une connotation péjorative ; d’autre part de ne pas utiliser le terme anglosaxon « Interim Management », couramment employé chez nos voisins européens, pour à la fois éviter un anglicisme et le terme intérim.

Aujourd’hui, force est de constater que les intentions initiales se sont diluées, apportant de la confusion auprès des utilisateurs. Certains cabinets font de l’Interim Management en utilisant des contrats intérimaires, d’autres proposent des prestations purement intérimaires vendues comme des prestations de services à forte valeur ajoutée.

L’intérim, victime de la culture française

Le langage courant s’est approprié le terme intérim pour désigner des missions temporaires dans le monde du travail : on fait « de l’intérim » dans une entreprise en surcroit temporaire d’activité. Ce terme à double sens désigne un secteur économique de premier rang (plus de 30 mds €), mais il est utilisé dans un cadre limitatif par rapport à son étymologie. L’image péjorative associée à l’intérim s’est atténuée, mais elle reste encore vivace selon les secteurs.

Le contrat temporaire (contrat intérimaire) est encore utilisé par quelques cabinets d’Interim Management (ou MdT) en France. Ce type de contrat confère notamment au salarié intérimaire les mêmes droits que les salariés permanents. La précarité de 10% n’est pas un argument en Interim Management, car les rémunérations sont toujours exprimées en salaire global. De notre point de vue, ce mode d’intervention est moins adapté à l’Interim Management. Par exemple : dans les cas où l’Interim Manager aura des mandats ou des responsabilités spécifiques, ces derniers sont plus faciles à cadrer en prestation de services, puisqu’il n’existera plus de lien hiérarchique entre l’Interim Manager et l’entreprise cliente.

Le management, une logique floue

Le terme Management est également un mot à sens multiple, à tel point qu’on a du mal à le définir aujourd’hui. Les diplômé(e)s d’une école de Management n’ont pas la même définition que les cadres expérimenté(e)s en recherche de mission d’Interim Management. La dimension managériale, moins prégnante dans l’Interim Management aujourd’hui, reste majoritaire dans la pluralité des missions.

Voir le blog « quel avenir pour le management »

Le rôle des Interim Managers

On peut classer les interventions en Interim Management dans 4 grandes catégories :

  1. Le pilotage : d’un service, d’un département, d’une unité ou d’un groupe, mais aussi de projets interservices ou transnationaux,
  2. La transformation : digitalisation, retournement, relocalisation, acquisitions,
  3. L’amélioration : performance, synergie, création de fonction,
  4. Le remplacement : management relai suite à une maladie, un désaccord avec les actionnaires ou un licenciement.

Ces différents contextes sont bien loin de la définition courante de l’intérim en France. Chacun d’entre eux nécessite des compétences différentes selon leurs objectifs : le Management relai impose de se couler rapidement dans un cadre existant pour assurer une continuité de fonction, alors que la transformation exige de casser les codes et les usages de référence.

Lien vers notre guide :  « portrait des MdT »

Les modes d’intervention en Interim Management

L’Interim Management utilise différents contrats pour intervenir dans les entreprises.

Le plus répandu en France auprès des pure players (98% des cabinets) est la prestation de services, qui permet de sécuriser la relation avec le client (logique de maîtrise d’œuvre) et d’intégrer différents mandats si nécessaire.

Vient ensuite le contrat intérimaire, très peu utilisé comme nous l’avons vu précédemment.

Quelques rares cabinets proposent des CDD, cette forme de contrat n’étant pas du tout adaptée à l’Interim Management : rigidité, responsabilité du salarié, limitation de durée, tout est à l’opposé des attentes de la clientèle.

Les Interim Managers qui interviennent en direct utilisent le CDI de chantier, la prestation de services ou le CDD, selon leur ancienneté dans le métier, leur taux d’occupation et leurs contraintes personnelles.

Lien vers le guide :  « statuts du MdT »

L’Interim Management : bien plus que de l’intérim !

Les définitions des différents termes utilisés ne sont pas qu’un débat sémantique. Les process dans l’intérim (version courante du mot) sont très différents de ceux de l’Interim Management (Intérim dans sa version étymologique), ne serait-ce que par les enjeux et l’implication du cabinet dans l’intervention. Ce dernier proposera le mode d’intervention le plus adapté au contexte, dans une relation tripartite client / cabinet / Interim Manager :

  • Aide sur l’analyse du contexte et le cadrage du besoin,
  • Choix de l’intervenant et garanties,
  • Définition des enjeux de la mission,
  • Suivi de mission avec les livrables idoines.

Lien vers le guide :  « rôle d’un cabinet en mission »

En conclusion…

Notre secteur aime bien communiquer sur le fait qu’Interim Management et intérim n’ont rien à voir, ceci par pure hypocrisie. C’est ce qui a conduit à utiliser une appellation incompréhensible au premier abord : le Management de Transition. Il aura fallu 20 ans pour faire connaître notre métier, à cause entre autres de ce handicap sémantique initial. L’exception culturelle française doit-elle guider nos choix pour se démarquer à tout crin, ou bien l’usage d’un terme universel en Europe doit-il prévaloir ? Nous votons sans hésiter pour Interim Management, qui n’a d’un anglicisme que l’ordre des mots.

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