Portage salarial, mode de fonctionnement

Le portage salarial est une solution alternative permettant à une personne physique d’intervenir et de facturer en tant que prestataire auprès d’une entreprise. Dans l’optique de lancer son activité comme indépendant, il s’agit d’une étape intermédiaire avant d’envisager la création d’une structure personnelle. C’est également une solution pertinente dans l’optique du Management de Transition pour ce qui concerne la partie contractuelle liant le cabinet et l’intervenant. C’est l’option que nous (associés Inside Management) avons privilégiée depuis la création du cabinet en 2011, dans une optique d’externalisation de nos charges administratives. La plupart des cabinets utilisent aujourd’hui cette formule.

Fonctionnement du portage salarial

Prenons le cas simple d’une personne qui souhaite intervenir comme consultant auprès d’une entreprise, et qui choisit de le faire par le biais du portage. Elle devient alors salariée de la société de portage. Celle-ci, par le biais d’un contrat de prestation, facturera en direct l’entreprise (dans le cadre du Management de Transition, le portage salarial devient le lien contractuel entre le cabinet et l’intervenant).

La personne est salariée par la société de portage sous un contrat classique de type CDD, avec les mêmes dispositions que n’importe quel salarié (cotisations, mutuelle, retraite,…). Elle garde notamment les mêmes droits vis-à-vis de Pôle-Emploi, et devra simplement garder à l’esprit la notion de précarité, inhérente aux contrats temporaires (voir plus bas).

La facturation de la société de portage vis-à-vis de l’entreprise (ou du cabinet de Management de Transition) correspondra à un montant permettant de rémunérer l’individu porté à hauteur de ce qui a été convenu en termes de rémunération.

La société de portage prélève au passage un pourcentage : les frais de gestion. Ce montant est variable, et dépend essentiellement du volume d’affaires : plus le CA est conséquent, et moins les frais de gestion seront importants. En moyenne, les taux pratiqués au démarrage pour un individu se situent entre 8 et 12%.

Grille de calcul coût du travail

Si l’on se place du point de vue de la personne portée, que doit facturer la société de portage à son client pour qu’il puisse être rémunéré à hauteur de ses souhaits ?

Voici une grille de calcul pour le cas d’un individu souhaitant être rémunéré à hauteur de 5.000€ net mensuel :

Salaire net mensuel5 000,0
Salaire net journalier (21 jours pour calcul)238,1
Salaire brut journalier305,3
Prise en compte des frais de gestion (12% pour calcul)346,9
Taux journalier total (charges patronales comprises)530,7

 

Dans le cas présent, avec des frais de gestion de 12%, il faudra que la société de portage facture l’entreprise à hauteur de 530€ HT / jour, pour que l’individu perçoive un montant correspondant à une rémunération de 5.000€ net mensuel, dans le cas où l’intervention se déroule à plein temps. Attention : cette rémunération intègre la précarité (10% qui sont versés en fin de mission) et les congés payés.

Pour exemple, vous trouverez ici l’exemple d’une feuille de paie d’une personne portée, correspondant à une facturation mensuelle de 16.500€ HT pour 20 jours de travail, avec des frais de gestion de 10%.

Remarques fondamentales au sujet du portage salarial

La logique de la prestation n’est plus du tout comparable à celle du salariat classique ! La société de portage ne facturera que les jours que vous aurez travaillés au sein de l’entreprise. Le salaire mensuel de la personne portée variera selon le nombre de jours réellement travaillés dans le mois pour ces différentes missions.

Du point de vue du client final, le coût d’un prestataire sur 1 an équivaut au taux journalier total multiplié par le nombre de jours travaillés : 251 jours en 2019 avant congés, soit environ 10,7 mois. A ne pas confondre avec le salariat classique dont le coût annuel est de 12 fois le salaire mensuel brut augmenté des charges patronales.

Pour la personne portée, il est d’usage de majorer le montant net souhaité au final, dans l’idée de prendre en considération la vraie précarité liée à une prestation avec un statut d’indépendant, et afin aussi de compenser certains avantages inhérents au salariat. Le mieux est de savoir adapter son tarif en fonction des opportunités que l’on rencontre : une mission à temps plein pendant 8 mois ne se facture pas comme une mission de conseil de 5 journées réparties sur 3 mois…

Au-delà des aspects techniques, il faut garder en tête une règle fondamentale pour toute personne souhaitant réussir en tant qu’indépendant : cette démarche s’accompagne inévitablement d’une véritable approche commerciale. Or, sur ce dernier point, il faut toujours savoir faire preuve d’une certaine souplesse : mieux vaut démarrer une mission moins intéressante qu’attendue au niveau financier, que rester inactif avec des exigences financières inappropriées.

PS : mise en garde

L’actualité récente a fait état de pratiques douteuses dans le domaine du portage salarial. Dans le but d’afficher des frais de gestion aguichants, certaines sociétés rajoutaient des lignes fantaisistes sur les retenus du bulletin de paie. Ces pratiques – marginales – font l’objet de 2 procédures judiciaires, concernant des sociétés du secteur à forte notoriété en France. Pour éviter toute déconvenue, le plus sûr est de s’assurer que la société de portage à laquelle on s’adresse est bien adhérente au PEPS (Syndicat du Portage Salarial).

— Guide pratique

Le Guide 2017 du Management de Transition.

livre_blanc

Télécharger